Fourmis des jardins (en préparation)
Mis
à jour le
29-Mar-2026
Les jardins sont très développés en France et sont le plus souvent très attractifs, ils cachent des trésors comme le dit l'article de Florence Rosier L'aventure fantastique des jardins botaniques, Le Monde 25 mars 2026, pdf page1, pdf p.4-5.
Pourtant on ne connait que très peu de choses sur les fourmis de ces jardins. Merci à Luc Gomel, Christophe Galkowski et Rumsais Blatrix (mails mars 2026). Pour ce texte on fait parfois référence à "Fourmis, indispensables, mal aimées". Denis Pépin 2014.
On n'a bien sûr pas les mêmes espèces dans les jardins de régions tempérées (celle du Poitou ou de la Bretagne - Des Lasius surtout (niger, emarginatus, fuliginosus et flavus essentiellement) ou un jardin à Montpellier qui héberge à peu près tout ce que l'on trouve dans la garrigue à côté (Gard) ou ce que l'on peut voir dans les jardins autour de Montpellier (des Tapinoma mais pas que !) et selon qu'on se trouve en plaine ou en colline, ça peut changer pas mal. Il y a une espèce qui s'appelle fourmi noire des jardins, c'est Lasius niger très connue dans nos régions tempérées. Dans le sud de la France on trouvera plutôt L. grandis et L. cinereus xérothermiques.
Lasius emarginatus se distingue de Lasius niger par sa livrée bicolore : noire partout, sauf le thorax qui est orangé. Jolie, mais agaçante, car elle entre parfois dans la cuisine en quête d’aliments à se mettre sous la mandibule.
C’est le domaine de la fourmi des pavés ou fourmi des trottoirs (Tetramorium), une petite brune foncé aux épaules carrées (2 à 4 mm). Elle vit dans les allées dans la terre ou le sable, souvent sous les pots de fleurs, sous les pierres.
La petite fourmi jaune (Lasius flavus) est plus discrète, mais du genre pénible car elle s’installe sur les racines des plantes et y élèvent des pucerons ce que n’apprécient
guère les laitues et autres plantes.
Heureusement, parmi toutes ces espèces les plus communes, aucune ne piquent. Les fourmis dotées d’un aiguillon piqueur sont en général des fourmis rouges, moins fréquentes dans les jardins.
Et maintenant de plus en plus d'espèces envahissantes
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Tapinoma gr nigerrimum, sud est de la France, odeur de beurre rance quand écrasée. Cette espèce colonise toute la vallée de la Loire.
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Lasius neglectus : « fourmi envahissante des jardins », originaire des steppes d'Asie mineure. Nombreuses reines de petite taille et accouplement intranidal (pas de vol nuptial), forme des super colonies (jusqu’à 35 000) - voir (Ugelvig and Cremer 2012, Espadaler et Rey 2001)) avec nombreuses ouvrières « nanitic » de petite taille qui se développent plus vite = « super fourmi asiatique » en Angleterre en 2010. Première fois en 1990 à Budapest. Seulement dans les habitats urbains comme parcs et jardins où elle tend à détruire les espèces locales. Peut faire des dommages aux circuits électriques.
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Fourmi d’Argentine Linepithema humile. Côte méditerranéenne uniquement. Fécondation dans le nid, se reproduit uniquement par bouturage.
Galkowski : j'avais fait il y a quelques années une présentation sur les fourmis à la Linnéenne de Bdx au cours de laquelle il y avait eu des questions sur les espèces des jardins. J'avais répondu en parlant des espèces des petits jardins en ville, des grands jardins à la campagne, des espèces anthropophiles qui aiment être près des maisons (milieux un peu perturbés) jusqu'aux invasives favorisées par les milieux davantage perturbés. C'était des exemples locaux avec les espèces autour de Bdx
Voir aussi Des insectes en ville, de Vincent Albouy, Quae 2017. C'est une vue plus large, Il parle de quelques fourmis comme la fourmi brune des jardins (Lasius niger), la fourmi brune des champs (Lasius alienus), la fourmi des pharaons, la fourmi d'Argentine, la fourmi noire des bois (Lasius fuliginosus)
Serres
Il y a souvent des serres chauffées dans ces jardins où peuvent s'installer diverses espèces.
Un petit article a été publié sur la diversité des fourmis dans les serres, en général associées aux jardins botaniques, mais plus concentré sur les fourmis présentes dans les serres chauffées (Blatrix et al 2018). Pour l'intérieur des serres, on trouve pas mal d'exotiques, mais la grande majorité ne s'installe pas en extérieur. Il semble aussi y avoir un remplacement des espèces exotiques au cours du temps. Par exemple, Paratrechina est souvent mentionnée dans la littérature un peu ancienne dans les serres, mais on ne l'a pas retrouvée. Par contre, les Technomyrmex sont fréquentes aujourd'hui dans de nombreuses serres tropicales, et pas mentionnées dans la littérature un peu ancienne.
- Blatrix, R., T. Colin, P. Wegnez, C. Galkowski and P. Geniez (2018). Introduced ants (Hymenoptera: Formicidae) of mainland France and Belgium, with a focus on greenhouses. Ann. Soc. Entomol. France (N.S.) 54(4): 293-308. 10.1080/00379271.2018.1490927. Pdf
- Espadaler, X. & Rey, S. Biological constraints and colony founding in the polygynous invasive ant Lasius neglectus(Hymenoptera, Formicidae). Insectes Sociaux 48, 159-164 (2001).
- Pépin D. Fourmis, indispensables, mal aimées. Denis Pépin, 4 Saisons 2014, 206, Interview Alain Lenoir. Pdf Couverture
- Ugelvig, L. V. and S. Cremer (2012). Effects of social immunity and unicoloniality on host-parasite inetractions in invasive insect societies. Functional Ecology 26: 1300-1312.